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Avatar de l'auteure, ambiance nocturne et pluvieuse à Paris, dominant noir et jaune doré, format portrait.

ADÈLE SAUDAX

Adèle Saudax est un pseudonyme.

Derrière ce nom, une passion pour l'écriture — ancienne, tenace, longtemps gardée pour soi.

L'envie de construire des personnages qui débordent, des atmosphères qui restent, des histoires qui posent les questions qu'on n'ose pas formuler à voix haute.

Je ne te ferai jamais de mal est son premier roman.

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Dans son cabinet parisien, le docteur Paul Lenoir a tout entendu. Les aveux, les mensonges, les secrets que les gens ne peuvent confier qu'à l'abri d'une porte fermée.

Il a vu venir Daniel Mercier. Le charme calculé, le regard qui glace, la façon de parler des femmes comme de territoires à conquérir. Il a vu. Il a noté. Il n'a pas agi.

Cette nuit, Julie Dubois est en réanimation. Étranglée.

Et dans les dossiers qui s'empilent sur son bureau, une autre histoire attend — celle de Camille, vingt-huit ans, sept personnalités, et au fond d'elle une petite fille terrorisée qui murmure : "Il arrive."

Jusqu'où va la responsabilité de celui qui sait ? Et peut-on sauver les autres quand on n'a pas su sauver la femme qu'on aimait ?

"Je ne te ferai jamais de mal" est un thriller psychologique sur l'emprise, la culpabilité et les silences qui tuent.

La chambre était petite. Un lit médicalisé, une table de nuit encombrée de médicaments, une chaise en plastique orange, une fenêtre qui donnait sur un parking. Pas de fleurs, pas de cartes. Personne n’était venu. Ou personne n’était autorisé à venir.

Et sur le lit, Julie Dubois.

Lenoir avait vu beaucoup de choses en quarante ans de métier. Des corps marqués par la folie, la maladie, la violence. Des visages déformés par la douleur, le manque, la terreur. Mais quelque chose dans ce visage-là le frappa comme un coup de poing dans le ventre.

Elle était maigre. Trop maigre — les pommettes saillantes sous une peau grise, les clavicules qui pointaient sous la chemise d’hôpital comme des os de poulet. Ses bras, posés sur le drap, étaient couverts de bleus à différents stades de cicatrisation — jaunes, violets, verdâtres. Une cartographie de la violence.

Ses cheveux bruns, qui devaient être beaux autrefois — épais, brillants, soignés —, pendaient en mèches ternes autour de son visage. Comme si même ses cheveux avaient abandonné.

Et son cou.

Son cou portait les marques. Violacées au centre, jaunâtres sur les bords — le dégradé de couleurs d’un hématome qui cicatrise lentement. La forme des doigts était encore visible. Deux pouces au centre, les autres doigts sur les côtés. Deux mains. Deux mains d’homme qui avaient serré, serré, serré, jusqu’à presque tuer.

Mais le pire, c’était ses yeux. Verts, grands, qui avaient dû être vifs autrefois — intelligents, malicieux, pleins de vie. Maintenant ils étaient éteints. Fixes. Le regard de quelqu’un qui a vu la mort de près et qui n’est pas tout à fait revenu. Le regard de quelqu’un qui ne sait plus si elle est vivante ou morte, si elle est là ou ailleurs.

« Asseyez-vous. »

Sa voix était un murmure éraillé. Les cordes vocales abîmées par la strangulation, par les cris qu’elle n’avait pas pu pousser.

Lenoir prit la chaise, s’assit à un mètre du lit. Pas trop près — elle avait besoin d’espace, de contrôle sur la distance. Pas trop loin — il devait entendre cette voix brisée.

« Madame Dubois, je… »

Elle leva la main. Le geste était faible — ses muscles n’avaient plus de force —, mais impératif.

« Non. Pas de condoléances. Pas d’excuses. Pas encore. »

Elle toussa. Grimaça de douleur — sa gorge la faisait souffrir à chaque mot. Sur la table de nuit, un verre d’eau avec une paille. Elle but une gorgée, laborieusement.

« D’abord, vous allez m’écouter. »

Elle le fixa de ses yeux éteints.

« Vous l’avez suivi. Vous l’avez écouté, analysé, noté dans vos petits carnets. Vous avez vu ce qu’il était. Et vous n’avez rien fait. »

Ce n’était pas une question. C’était un verdict. Prononcé d’une voix sans émotion, sans colère — juste la constatation d’un fait.

« Maintenant, vous allez entendre ce que ça fait. De l’autre côté. »

extrait de " je ne te ferai jamais de mal"  d' Adèle Saudax

En avant-première : quelques pistes pour mon prochain roman

14 MARS 2026

Il y a quelques mois, j'écrivais ces lignes :

"Le sociopathe n'a pas de cornes, pas de regard fou. Il est l'homme charmant que vous avez rencontré..."

Mon personnage, Adèle, est interne en psychiatrie. Elle sait exactement comment ils fonctionnent. Elle pense que la connaissance protège. Elle a tort.

Mon prochain roman parle de cette distance entre comprendre et ressentir.

De ce moment où l'on choisit de ne pas voir ce qui nous arrive.

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